vendredi 22 avril 2016

Le plus difficile, c'est les autres!



Article de "Fidèle Canin". (fidelecanin.over-blog.com)

   Le plus difficile en éducation canine n'est pas d'éduquer un chien, mais bien d'enseigner aux humains qui gravitent autour, à bien se comporter avec lui! 

 On le dit et le répète: votre canidé vous suivra dans le processus d'éducation que vous aurez adopté pour lui. Il fonctionnera en rapport avec ce qui est payant pour lui. Guider un chien à adopter de bons comportements par le renforcement positif et la punition négative, est gage de succès! Si vous agissez de façon constante en renforçant les bons comportements et en ignorant les mauvais, votre compagnon canin apprendra vite et bien. 

 Mais vous en conviendrez avec moi, que les humains qui interagissent avec votre chien, viennent souvent perturber (et je dirais même saboter) ce processus. 

 Pourquoi? Hé bien, il y a plusieurs causes à cet état de fait: 

 1. Beaucoup d'humains ne connaissent pas le langage canin, ni les canaux par lesquels l'apprentissage (des comportements appropriés ou non) se fait. 

 2. Ils ont eu un chien autrefois et pensent tout savoir sur la question. 

 3. Ils pensent que les animaux ne fonctionnent que par instinct et qu'ils ne vont faire que ce que leur nature profonde leur dicte de faire et pas plus. 

 4. Ils ne comprennent pas que faire faire une fois un comportement non désiré (exemple: faire monter le chien sur le divan propre du salon, juste pour ce soir parce qu'on a le goût de se coller sur lui), n 'aura aucune conséquence sur son comportement futur et que le chien comprendra de lui-même que c'était une exception. 

 5. Ils ne s'informent pas de votre programme d'éducation que vous avez élaboré pour lui avant d'interagir avec lui. 

 6. Ils trouvent votre animal "cute" et irrésistible. Ils trouvent drôle le fait de lui faire faire des comportements dérangeants. 

 7. Et surtout: ils veulent se faire plaisir à eux en agissant avec votre chien comme si ils étaient nés dans la même portée! Ils se roulent par terre avec lui, ils le caressent quand il saute sur eux, ils lui donnent de la nourriture de leur assiette, ils lui font faire des choses que vous ne voulez pas, bref.... ils l'agacent jusqu'à lui faire perdre ses bonnes manières acquises avec tant d'efforts! 

L'humain agit ainsi comme un grand parent qui a la garde de son petit enfant et qui le gâte sans se soucier de ce que ses parents tentent de lui inculquer.  

Alors comment se prémunir contre ces humains qui pensant bien faire, "veulent trop le bien de votre chien"? 

Voici quelques conseils qui vous aideront à gérer le comportement de ces humains: 

 1. Pour les gens qui vous fréquentent régulièrement, prenez le temps de leur dire ce que vous attendez d'eux AVANT qu'ils n'entrent en contact avec votre chien. Soyez précis. Par exemple, dites "ne parle pas à mon chien et ne le caresse pas, tant qu'il n'est pas assis". 

 2. Pour les visiteurs occasionnels: placez à votre porte et à l'extérieur de celle-ci, une petite affiche toute simple mais qui en dit long: MON CHIEN EST EN APPRENTISSAGE, VEUILLEZ L'IGNORER (NE PAS LE REGARDER, LUI PARLER OU INTERAGIR AVEC LUI) ET ENSUITE, ATTENDRE MES INSTRUCTIONS. Cela vous sauvera bien des soucis. 

3. Pour les étrangers que vous côtoyez (surtout dans le cas d'un chiot ou d'un adulte en période de modification comportementale), procurez-vous un dossard " EN ENTRAÎNEMENT ", un dossard jaune et bien voyant. Vous verrez que la grande majorité des gens respecteront la consigne et n'interviendront pas auprès de votre chien. En vente chez BELI CONCEPT. 

 4. Dernière consigne: pensez toujours à encadrer les gens qui entrent en contact avec votre chien. Peu importe son âge et sa condition et quelque soit la circonstance. Et surtout, enseigner le langage canin et encadrer les enfants! 

 Demeurez poli en tout temps. Dites-vous qu'ainsi, vous vous épargnerez bien du temps et de l'énergie que vous auriez mis à travailler des comportements inappropriés. 
Votre temps et votre énergie sont précieux. Tout comme le bien être de votre chien. L'enfer..... c'est les autres !

mercredi 6 avril 2016

L'éducation positive au quotidien.


Pendant une séance collective d'éducation canine, il parait assez simple de comprendre le concept d'éducation positive. Du moins c'est ce que pense la plupart des personnes qui participent à ces séances.

Selon le degré de compréhension de chacun, certains vont émettre qu'éduquer en positif c'est le fait de distribuer des récompenses alimentaires, éventuellement des caresses et autres encouragement à l'animal. D'autres vous diront que l'éducation positive n'utilise pas la punition corporelle et respecte le contexte émotionnel du chien.

Il y a du vrai dans toutes ces notions,  mais au quotidien, le constat est tout autre:

-  Combien d'entre eux vont donner une friandise après avoir rappeler le chien dans le jardin?

-  Combien vont résister au fait de donner une tape sur le museau ou simplement dire "non" à un chien qui met les pattes sur le plan de travail dans la cuisine?

- Combien vont accepter le fait que le chien ne veuille pas recevoir de câlin de "mamie qui aime tant les animaux"!

Pour moi,l’éducation positive au quotidien réside en 2 points :

- alimentation continue d'une relation de confiance et non pas une relation basée sur un rapport hiérarchique ou de force...  Si votre patron vous demande de venir l'aider un dimanche pour son déménagement, il y a de très forte chances pour que vous trouviez très rapidement une excuse pour vous soustraire de cette demande. Si c'est votre meilleur pote qui vous le demande , vous allez vous mettre en 4 pour pouvoir l'aider sans autre contrepartie que cette simple amitié! Donc, au quotidien cherchez simplement à devenir le meilleur pote de votre chien!

- gestion de l'environnement pour prévenir tout acte indésirable. Éprouvez un tant soit peu d'empathie envers votre chien . Mettez vous à son niveau émotionnel, mais aussi physique. Si vous laissez traîner vos chaussures, ne vous étonnez pas que votre chiot aille jouer avec! D'autant plus que son sens de l'odorat est pour lui bien plus important que tout autre chose. On demande toujours au chien de s’adapter à notre monde humain.. et si on essayait d'adapter notre monde d'humain aux prédisposition du chien!



Les mécanismes d’apprentissage, en résumé



Article issu du site Hund Beta (hund.fr)

On parle souvent de R+ P- et de P+ R-. Voici un résumé expliquant un petit peu de quoi il s’agit.

- Le R signifie Renforcement, c’est-à-dire un truc qui fait que le comportement s’intensifie.
- Le P signifie Punition, c’est-à-dire un truc qui fait que le comportement diminue.

Les – et les + sont des machins qui précisent simplement si on ajoute ou si on retire quelque chose. Par exemple, si je dis "Espèce de sale caca" à quelqu’un, j’ajoute un truc. En l’occurrence, c’est une sorte de punition qui est donc une punition + (par ajout). Les + sont dit "positif" et les – "négatifs" sans que ce ne soit un jugement moral.

Comme vous avez pu le voir au début dans la première notation qui était : "R+ P-" et "P+ R-", ça marche souvent par paire. On pourrait aussi parler de combo. Si j’applique un R+ (un renforcement par ajout), il y a pas mal de chance que j’emploi à un moment où un autre une P- (une punition par retrait). Ça tombe bien, ça marche très bien ensemble.

Chacun de ces concepts peut être ramené à un principe de survie. Nous pourrions en écrire tout un tas et les classer ainsi entre les différents types de renforcement et de punition. En voici quelques exemples :

R- : Je marche trop près du mur, je me rappe en permanence le bras, cette situation est pénible, je m’éloigne à titre d’essai, la situation pénible disparaît. Je suis soulagée. Si je veux survivre, il vaut mieux que j’aille vers ce qui me soulage et que je cherche des solutions aux situations pénibles. Ou alors, je vais finir avec une grosse infection ou une belle hémorragie après avoir passé des années dans cette situation. Ceci est un renforcement (augmentation des chances de recommencer) négatif (disparition de la situation), le renforcement en lui-même se fait grâce au soulagement éprouvé.

P+ : Je marche sans regarder devant moi, je me prends un poteau en pleine tête. J’ai une belle bosse. A partir de maintenant, je ferais attention à éviter les poteaux (ou à me déplacer en tracteur pour abattre tous ces p****** de poteau de m*****) sinon, je vais mourir à force de m’exploser la tête de partout. Vous noterez que cette situation peut produire une réponse agressive, car parfois la meilleure des défenses, c’est l’attaque. L’autre solution implique la fuite mais également la vigilance. Ceci est une punition (diminution des chances de recommencer à foncer dans les poteaux) positive (ajout d’un poteau en pleine tête).

P- : Je marche à l’envers sur un escalator et je n’avance pas. C’est marrant sur le coup, mais pour arriver en haut, ça ne me sert à rien, alors j’arrête... Si je passe mon temps à faire des trucs qui ne servent aucun but, je ne risque pas de survivre... ou alors, il va falloir une petite armée d’infirmier pour m’aider. Ceci est une punition (diminution des chances de recommencer) négative (retrait de tout résultat). Notons que si je me pète la figure et que je me cogne le bout du nez sur les marches ou simplement si je me fais peur ce sera une punition positive (ajout de la peur ou / et de la douleur) en plus...

R+ : Je me couche sur mon lit et je suis terriblement bien. Cela permet à mon corps de se reposer et ça augmente mes chances de survie. Ceci est un renforcement (augmentation des chances de recommencer, autrement dit, les lits c’est cool) positif (ajout du bien-être). Je vais recommencer les choses qui m’apportent du bien-être.

Ces principes de bases sont tout bêtes et peuvent s’appliquer à n’importe quelles espèces puisqu’il en va de leur survie. Une espèce qui continue quand ça fait mal, qui ne se sort pas des situations pénibles, qui ne recommence pas ce qui fait du bien et qui continue ce qui n’apporte rien... et bien elle disparaît.

A l’heure actuelle, il existe des éducations canines tout à fait différentes les unes des autres. L’une d’elle s’appuie de façon consciente sur ces principes de survies et a choisi d’en employer 2 uniquement. Il s’agit de renforcement positif (on recommence ce qui fait gagner des trucs cools) et de punition négative (on arrête ce qui ne sert à rien). Ainsi on peut faire augmenter un comportement (par renforcement) ou faire diminuer un comportement (par punition). Avec ces deux "armes", nous n’avons pas besoins des deux autres types de punitions et de renforcement.

Le fait de s’interdire la moitié des principes peut paraître étonnant, mais lorsque lors emploi du R+P-, on augmente l’envie de tester. En effet, l’animal n’a rien à craindre, si ce n’est de devoir essayer autrement... Le pire qui peut lui arriver, c’est que ça ne fonctionne pas.

Au contraire, lorsque l’on emploie du P+R-, on diminue l’envie de tester car tout est à craindre (qui sait quand le poteau surgira ! Méfiance !) sauf le soulagement, mais comme tester peut provoquer des punitions, autant éviter.

Ces deux effets étant contradictoires, ajouter des punitions positives au R+P- a tendance à le rendre beaucoup moins efficace. Le risque de punition positive est un risque assez direct pour la survie, l’éviter est capital. Donc on ne prend pas ce risque à moins d’avoir une motivation excessivement forte.

Voilà, nous avons vu brièvement les bases avec lesquels on peut faire de l’éducation positive. Et comment classer les méthodes, pour compléter cet article, voici un petit quizz